Véritable légende du théâtre, ainsi que du cinéma français, Albert Delpy n’en demeure pas moins extrêmement méconnu. Mais il n’est jamais trop tard, et son actualité (il est à l’affiche de deux films en juin, Salauds de pauvres et Le Daim) nous a servi de prétexte pour aller à sa rencontre. Rendez-vous fut donc pris, en ce début du mois, avec cet artiste haut en couleur, dans un café parisien, autour d’une bonne assiette de frites. L’occasion de parler de masturbation, de partouze au crack… de quelques connards (ou connasses) du métier… et de tant d’autres choses encore. Action!

INTERVIEW & PHOTO: GILLES BOTINEAU

Salauds de pauvres (en salles depuis le 5 juin) vous a amené à collaborer pour la sixième fois avec le cinéaste Patrice Leconte. Qu’est-ce qui vous lie à ce point?
L’amitié, déjà! Et puis j’adore le réalisateur… Avec lui, c’est merveilleux. Simple et agréable. Il aime tellement ses acteurs! D’ailleurs, c’est lui qui est derrière la caméra. À chaque plan! C’est lui qui, donc, te regarde. Et ça, c’est formidable pour un comédien!

Sans parler des rôles qu’il vous propose généralement. En ce qui me concerne, je vous ai découvert, ado, dans Les Grands Ducs. Le personnage que vous incarnez, Harry, n’apparait que très brièvement, certes. Pourtant, il a une réelle consistance. Et du coup, on le remarque. On s’attache à lui, même, au point que l’on aurait aimé le voir davantage…
Merci! Les Grands Ducs, c’était bien, oui! La mise en scène y est extraordinaire, toujours alerte. Néanmoins, à sa sortie, on s’est fait dégommer! Je me rappelle d’une soirée, notamment, où une conne que je ne nommerai pas – célèbre comédienne – s’est approchée de moi et de ma femme – qui est également dans le film – pour nous balancer, froidement: «Vous n’avez pas honte d’avoir joué dans Les Grands Ducs, ce film qui ridiculise toute la profession

Vraiment? Mais c’est l’opposé! Les comédiens y sont sublimés. Et c’est un très bel hommage, in fine, qui leur est rendu au travers de ce film!
Évidemment! En tout cas, avec le temps, Les Grands Ducs est devenu une œuvre culte. C’est ce qui compte. N’en déplaise à cette grosse conne – qui ne s’est pas gênée pour travailler avec Patrice Leconte par la suite, d’ailleurs – et à Téléramerde – qui nous avait bien descendu aussi, à l’époque! Mais, je crois que le plus beau rôle que Patrice m’ait offert, c’est dans Ridicule. Je vais d’ailleurs te raconter un truc incroyable à propos de ce film. Il était présenté à Cannes cette année-là, et Francis Ford Coppola, qui présidait le jury, comptait lui décerner le Grand Prix. Mais les autres membres du jury, particulièrement les Français, s’y sont opposés. Les Français! Ça me dépasse. Patrice aurait pourtant largement mérité le prix… Enfin, que veux-tu, j’admire cet homme, quoi qu’il fasse ! Et on se connait depuis si longtemps. J’ai effectivement pas mal travaillé avec lui: sur Tandem, Le Mari de la coiffeuse… Là, pour Salauds de pauvres, il me dit: «On va tourner un film à sketchs.» Le projet m’a été présenté et on m’a demandé quelle partenaire je souhaitais. J’ai répondu du tac au tac: Arielle Dombasle! Et ça s’est fait comme ça. Pour moi, elle était le personnage, cet espèce de grande bourgeoise qui, d’un coup, perd toute sa fortune… C’était notre première fois ensemble sur un plateau, et j’ai été heureux de la rencontrer. Même si ce fut très rapide. Une journée de tournage seulement, devant le Casino d’Enghien. Ça n’a pas traîné! J’espérais juste, à un moment, pouvoir «bousculer» la petite Arielle sur un tas d’ordures, malheureusement ce n’était pas prévu dans le scénario… Je déconne, naturellement! (rires)

J’aimerais que l’on revienne un peu en arrière. C’est au théâtre que votre carrière démarre, et ce, dès le milieu des années 60. Vous avez toujours eu la vocation de devenir comédien?
Ah oui! Oh la la… Enfin, depuis mes neuf, dix ans. C’est à cet âge-là que j’ai été marqué par le théâtre. J’avais une institutrice qui était constamment méchante avec moi. Je n’ai jamais su pourquoi, du reste, parce que j’étais un élève plutôt sérieux. Un jour, pourtant, son comportement s’est révélé tout autre: d’une gentillesse incroyable! Sur le moment, je n’ai pas compris. Ce n’est qu’à l’issue des cours que le directeur m’a convoqué, pour m’informer d’une terrible nouvelle: mon père venait de mourir. Il était très malade… Et le lendemain, ma mère accouchait de ma dernière sœur! Ça n’a pas été une période facile… Un peu plus tard, je participais à un spectacle organisé par l’école. Seule ma sœur aînée assistait à la représentation, car ma mère, à son tour, n’était pas au mieux de sa forme. Et j’étais d’autant plus inquiet que l’institutrice m’accordait à nouveau beaucoup d’attention. Je me disais : «C’est pas possible! Cette fois, c’est maman qui est morte!» Forcément ! Et j’ai joué l’intégralité du spectacle en pleurant. Je me souviens, j’interprétais un petit ange… Et, à la fin, je me suis jeté sur ma sœur, pour savoir. En fait, tout allait bien, ma mère était tirée d’affaire. Un soulagement… Et, bêtement, dans ma petite tête de môme, j’ai pensé que c’était grâce au théâtre. Voilà. C’est parti de là.

Et ensuite? Vous suivez des cours?
Non, aucun. J’ai fait l’armée, puis je suis monté sur Paris, pour m’inscrire aux Beaux-Arts. J’avais décidé de me consacrer à la peinture. Et le hasard a voulu qu’un jour je retrouve un copain, sur le quai du métro. Nous avions fait du théâtre ensemble, par le passé, et il me lance: «Je suis en train de former une troupe, tu ne voudrais pas te joindre à nous?» J’ai sauté sur l’occasion ! Fou de théâtre que j’étais. Et les choses se sont enchaînées. Notre troupe a rapidement trouvé ses marques, ça marchait bien… Nous sommes même allés à Avignon, grâce à Vilar.

Au cinéma, c’est en 1970, dans La Horse de Pierre Granier-Deferre, que vous faîtes vos premiers pas…
Oui, mais ce que j’y fais, ce n’était rien… Une panouille!

Vous croisez tout de même Jean Gabin ?
Ah ça, oui! Et j’étais très heureux de le rencontrer. Je le considère comme un des plus grands, avec aussi Michel Simon.. et Gérard Depardieu. Depardieu, c’est un génie! Il peut tout faire. Comédien exceptionnel! Très provocateur, oui, mais il dit les choses, au moins. Il n’a pas de langue de bois, et ça, c’est génial! Dans ce métier, il y a beaucoup de langues de bois… Trop! Donc, quand on côtoie un homme comme Depardieu, à la fois nature, franc du collier, et irrésistiblement drôle, on respire. Une fois, juste avant de tourner, sur le plateau de Mammuth, il s’est subitement confié à moi: «J’aime bien les films de ta fille (Julie Delpy, ndlr). Mais pourquoi elle tourne aux États-Unis? C’est de la connerie, les États-Unis! Moi aussi, j’y suis allé, je sais de quoi je parle. D’ailleurs, avec elle là-bas, j’ai fait une partouze au crack. Et comme j’en ai tellement pris, je n’ai pas pu assurer au pieu. Je l’ai sûrement déçu…» Moi, évidemment, je suis resté interloqué face à ses propos, imaginant assez mal ma fille dans un tel contexte. Le lendemain, en arrivant, je me suis approché de Depardieu, et je lui ai dit : «Ah Gérard ! J’en ai parlé à Julie, de ton histoire, là. Votre partouze au crack, tout ça… Sache, qu’au contraire, elle m’a confirmé que tu avais été comme ça avec elle (Albert Delpy lève le pouce, ndlr)!» Il était écroulé de rire! Voilà, c’est comme ça, avec Gérard. Il faut rentrer dans son jeu. Et alors, on devient rapidement copain. Ce qui nous a bien aidé après, pour LA scène que nous avions à jouer.

Je voulais aborder le sujet. Dans Mammuth, donc, vous vous masturbez mutuellement avec Depardieu. C’est une image forte. Difficile à oublier… Mais, ce n’est ni porno, ni vulgaire. Au contraire. La séquence, aussi pathétique soit-elle, mélange drôlerie et émotion avec une intensité folle.
C’est Benoît Delépine qui l’a écrite. Gustave Kervern, lui, doutait un peu. Il demandait à Benoît: «Tu crois que ça va passer?» Ça, pour passer, c’est passé! (rires) Comme quoi, faut pas avoir peur. Et on a tourné la scène en une prise. En toute simplicité. Il y avait un photographe sur le plateau que Gérard ne pouvait pas sentir. Chaque fois qu’il le voyait, il attrapait des boutons! Si bien que, lorsque le type a voulu immortaliser la séquence, Gérard a dit: «Toi, tu te tires! On veut être tranquille pour faire ça!» Après quoi, il n’y a pas eu de problème. Même si j’ai eu un peu mal. Il est assez violent comme mec, Depardieu, hein! (rires) Non, c’était très sympa de se masturber avec lui… Qu’est-ce qu’on s’est marrés, tous les deux ! Ce mec est vraiment drôle. Quelques temps après le tournage, je faisais mes courses, et Gérard, lui se trouvait au Petit Lutétia (restaurant situé dans le 6e arrondissement parisien). En me voyant passer devant, il s’est mis à gueuler: «Eh! Regardez le mec, là-bas! Vous le voyez? Et bien avec ce mec, on s’est branlés ensemble!» (rires) C’est un gamin, Gérard. Et un personnage de taille! De taille, c’est le cas de le dire… Moi, je suis petit à côté de lui, et surtout moins gros.

Vous avez par ailleurs côtoyé son fils dans Marthe de Jean-Loup Hubert, en 1997.
Oui, ce n’était pas un grand film, mais bon… J’ai eu la chance de connaître Guillaume, en effet. C’était un mec merveilleux. Un poète… Tellement différent de Gérard! Cela mis à part, il était fou de son père. Complètement ébahi devant lui! C’est ça qui est terrible. Comment grandir dans l’ombre d’une telle personnalité… C’est difficile. Guillaume, lui, aurait voulu ÊTRE son père. Mais il était trop fragile. C’est un drôle de métier que le notre: formidable, et dangereux en même temps… Moi j’ai eu beaucoup de chance. Je n’ai jamais eu à m’inquiéter de rien, ou à souffrir de quoi que ce soit.

Et cela dure. Je remarque que la jeune génération ne cesse de vous solliciter. Delépine/Kervern hier, Quentin Dupieux aujourd’hui. Tous les comédiens et comédiennes de votre âge ne peuvent malheureusement pas en dire autant. Comme expliquez-vous cela ?
Je pense que ce sont les films de ma fille qui attirent ces réalisateurs vers moi. Ils m’ont vu dans Two Days par exemple, ou Le Skylab. Et ça leur a donné des idées. Julie m’a offert des rôles magnifiques, et très originaux. J’aurais dû faire plusieurs enfants, et tous réalisateurs… (rires). Quoi qu’il en soit, je sais que Quentin Dupieux adore le travail de Julie. Il lui avait même proposé un rôle. Mais elle n’a pas voulu, par manque de temps je crois…

Quel regard, justement, portez-vous sur sa carrière?
Oh, c’est difficile de juger, étant donné notre relation… Évidemment, j’aime beaucoup ce qu’elle fait. Bon, comme on est père et fille, parfois sur le plateau je l’engueule, du style: «Dis donc! Tu vas pas me faire chier! C’est moi qui ai changé tes couches, je te rappelle! Alors, hein…» (rires) Mais sinon on s’entend très bien! Je l’adore. Quand on discute, on parle de cinéma, de la vie, de ses scenarii… En plus de ça, elle a un vrai talent. Pour autant, je ne l’ai jamais poussé à faire ce métier. Elle l’a choisi toute seule. Elle faisait un peu de théâtre, et c’est là que Dominique Besnehard l’a repéré. Elle avait quatorze ans. Il lui a proposé de passer un casting, et elle a aussitôt été retenue pour un projet de film. Elle a lu le script, qui semblait l’intéresser. De là, s’en est suivie une rencontre avec le metteur en scène – que je ne nommerai pas. J’ai donc accompagné Julie jusqu’au pied de l’immeuble, et je l’ai laissé aller à son rendez-vous. Au bout d’un moment, je l’ai vu revenir, rouge de colère. Sans le texte. Elle m’a alors tout raconté: «J’étais chez lui; et, d’un coup, il a demandé à ce que je me déshabille. Il voulait me voir nue.» (léger silence) Là, elle a été très courageuse : elle a expliqué à ce type qu’elle ne faisait pas ce genre de choses, puis elle lui a jeté le scénar’ à la figure! Sauf qu’avant de partir, le gars lui a quand même dit en plus: «Mademoiselle, vous ne ferez jamais de cinéma si vous refusez de vous déshabiller!» À une fille de quatorze ans, tu te rends compte? Enfin, quel que soit l’âge… C’est ignoble. J’étais sur le point de monter, à mon tour, pour lui casser la gueule, mais Julie m’a arrêté: «Non, c’est moi qui ai réglé le problème.» Rien que pour ça, je l’admire énormément.

Cette histoire est dingue! Et on ne peut être qu’admiratif, en effet… Heureux qu’elle s’en soit sortie indemne, surtout!
Une chance, oui! Par la suite, les images de ce même casting ont été vues par Jean-Luc Godard, et c’est comme ça qu’il a engagé Julie dans Détective. Là, sa carrière a vraiment démarré.

Revenons un peu sur la votre, si vous le voulez bien. Il est rare d’être à la tête d’une filmographie aussi prestigieuse: Jean-Pierre Mocky (Chut!), Jacques Doillon (L’An 01), Roman Polanski (Le Locataire), Ariane Mnouchkine (Molière), Jacques Deray (On ne meurt que deux fois), Patrice Leconte (Tandem, Le Mari de la coiffeuse, Les grands Ducs, Ridicule), Michel Deville (La maladie de Sachs)… Comment toutes ces rencontres se sont-elle concrétisées?
De façon naturelle. Je ne démarche pas, du genre: «Dîtes, j’aimerais beaucoup travailler avec vous…» Surtout pas! Il ne faut pas forcer les gens. Non, moi, et comme n’importe quel autre comédien je pense, j’aime l’idée qu’un metteur en scène ait le désir de tourner avec moi. C’est ça qui est intéressant! Pourquoi il me choisit, moi? Pourquoi pas lui, là-bas? Ainsi, tous ceux que vous venez de citer, là, et bien ils sont venus me chercher eux-même. Et souvent, parce qu’ils m’avaient vu jouer au théâtre avant. Je dois énormément au théâtre. Faut dire que j’y ai fait des trucs de dingue ! J’ai notamment monté Les quatres Jumelles de Copi. Tout le monde avait halluciné devant ce spectacle ! J’étais sur scène également, habillé en femme, et, à un moment, je changeais de serviette hygiénique car elle était pleine de sang… Tu vois un peu? C’est pour ça qu’aujourd’hui, lorsque je tourne avec Kervern et Delépine, ou Quentin Dupieux, bon… Je ne suis pas choqué. Enfin bref… Pour en revenir à ce qu’on disait, Doillon, par exemple, se déplaçait régulièrement pour voir des pièces. On a fini par se parler, et c’est comme ça que j’ai tourné dans L’An 01. J’ai adoré ! J’avais une très belle scène avec un gamin… Un super souvenir! Polanski, c’était bien également. Hélas, trop court. Le mec est immense. Immense! Okay, il s’est gouré sur certains films… et puis? C’est comme Mocky. Encore une fois, nos échanges se sont avérés succincts, mais l’expérience reste étonnante. Bordélique, certes, n’empêche qu’à la fin le résultat est là ! Je trouve d’ailleurs qu’il y a une certaine filiation avec Dupieux. On est dans une lignée assez similaire. Non? Bien que le cinéma de Quentin soit nettement plus cadré. Rien n’est laissé au hasard avec lui. Il sait où il va! Et sa méthode de travail est fascinante. On tourne un bout du film, plusieurs plans d’une même séquence. Ensuite, il s’isole dans une salle à côté, où a été installé le banc de montage. Il monte ce qui vient d’être fait. Puis, il revient, et on continue le tournage. Fort! En plus, le mec est franchement marrant! Et entouré d’une équipe de personnes qui l’aiment… Ça crée une belle ambiance. C’est essentiel, sur un film: être avec des gens qui t’aiment… et idéalement compétents! Parce qu’il arrive aussi qu’on soit aimé par des cons, hein!

On est d’accord!  
Je bois un peu, pardon. De l’eau, hein! Parce que c’est une interview sérieuse, là…

Ahah! Un mot sur Claude Lelouch, que vous croisez en 1999 (Une pour toutes)?
Oui, alors là, le souvenir est nettement moins bon!

Ah, mince…
Je jouais une scène avec Jean-Pierre Marielle. Et Lelouch n’aimait pas ce que je faisais: «Ah non! Ce n’est pas comme ça qu’il faut faire!» me répétait-il. Mais Marielle, lui, avait pris ma défense: «Pardon, Claude, je ne suis pas d’accord avec vous. Je trouve que Delpy propose quelque-chose de très juste, au contraire.» L’autre, ça l’avait vexé. De toute façon, je n’aime pas son cinéma. Moi, je suis plus Godard… Tu vois?

Pourquoi avoir accepté de tourner avec Lelouch, alors ?
Pour Marielle, uniquement ! Ça a été la seule raison. Quel être exceptionnel, lui aussi! Mais il a bien fait de «partir» parce qu’il était malheureux avec son Alzheimer… Les dernières années de sa vie ont été très, très dures. Heureusement qu’il avait une femme formidable qui s’est très bien occupée de lui.

Vous semblez également aimer varier les plaisirs. De Polanski à Jean-Marie Bigard (L’Âme-sœur en 1999), il y a un sacré fossé !
Ah, je ne cracherai jamais sur Bigard…

Ça tombe bien, ce n’est pas ce que je vous demande…
C’est quelqu’un d’adorable. Et d’une générosité inouïe! En fait, je n’ai pas d’a-priori. Si le projet est sympa, et le gars aussi… Allons-y!

Bigard, jusque-là auteur, humoriste et comédien, s’était donc essayé à la réalisation. Vous, cela ne vous a jamais tenté ? Vous avez pourtant assuré bon nombre de mises en scène au théâtre…
Je ne sais pas si cela me tentait ou pas, mais, avec le recul, je dirais que c’est peut-être un regret. D’autant que j’étais assez cinéphile. Quand je suis arrivé sur Paris, j’allais beaucoup à la Cinémathèque, ou au Champollion (salle d’Art et Essai, situé dans le 5e arrondissement). Seulement, par la suite, j’ai très vite été pris par le théâtre. C’est aussi pour ça que je me suis contenté de petits rôles au cinéma. Je jouais constamment sur scène! Puis, je crois avoir été traumatisé par les grands metteurs en scène. En regardant leurs films, je me disais que jamais je ne pourrai être Orson Welles, que jamais je ne pourrai être Jean-Luc Godard. J’ai eu comme un bloquage. Ma fille, elle, n’a pas souffert de ça. Heureusement… Et surtout, elle écrit. Moi, non. La question de réaliser ne s’est donc jamais posée.

Quelle question vous posez-vous, à présent? Y a-t-il un rôle en particulier dont vous rêvez?
Je ne sais pas… Ah si! J’aimerais bien jouer le rôle d’un jeune homme. On ne me propose que des rôles de vieux, des mecs qui vont mourir, ou qui ont Alzheimer… Bon, remarquez, je le tiens parfaitement, Alzheimer. Très facile à interpréter. Mais globalement, tout ça sent un peu le sapin. Alors que moi je me verrai plutôt faire des scènes… disons érotiques, avec des jeunes femmes, tout ça! (rires). Non, c’est vrai, au cinéma, les personnages de vieux sont systématiquement assimilés à des mourants. Alors qu’on peut encore faire plein de choses à notre âge!

Effectivement. Lançons un appel pour changer ça!
Oui, on ne sait jamais…

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