Week-end noir et triste: le visionnaire et controversé Jean-Claude Brisseau est décédé samedi 11 mai à Paris, des suites d’une longue maladie.

Féru de septième art dès son plus jeune âge, le cinéaste français, mort à 74 ans, qui a commencé comme prof de philo, a réalisé une douzaine de films dont quelques merveilles de cinéma chaos comme La vie comme ça (1978), Un jeu brutal (1983), De bruit et de fureur (1988), Céline (1992) ou encore Choses secrètes (2001).

Son premier film en super 8, La CroisĂ©e des chemins avait marquĂ© Pialat et Rohmer. Son Noce blanche, sorti en 1989, restera son plus grand succès (plus de 1,8 million d’entrĂ©es), d’autant qu’il y fit tourner pour la première fois la toute jeune Vanessa Paradis face Ă  l’imposant Cremer (dĂ©jĂ  prĂ©sent dans plusieurs Brisseau) qui obtint pour ce long-mĂ©trage le CĂ©sar du meilleur espoir fĂ©minin. Certains de ses films nous ont, certes, laissĂ©s sur le bas-cĂ´tĂ© (L’ange noir, Les Anges exterminateurs, A l’aventure, Les savates du bon Dieu), par trop obsessionnels, mais tout le reste, on adore.

En 2012, La Fille de nulle part, home movie fantastique dans tous les sens du terme frappant par son sens de l’humour inattendu (Bribri avait de l’humour, si, si), lui valut le Pardo d’oro (LĂ©opard d’or) du Festival du film de Locarno, avec notre cher Apichatpong Weerasethakul comme prĂ©sident du jury (qui a très certainement, et Ă  juste titre, Ă©tĂ© sensible aux fantĂ´mes hantant le très bel appartement Brisseauien).

Que le diable nous emporte, dĂ©licieux film Ă©rotique en 3D, est son dernier film, sorti dĂ©but 2018. CondamnĂ© en 2005 pour harcèlement sexuel, il avait Ă©tĂ© dernièrement rattrapĂ© par le mouvement #MeToo, la CinĂ©mathèque annulant fin 2017 la rĂ©trospective qu’elle devait lui consacrer. Paix Ă  son âme. Et merci pour toutes les visions, Jean-Claude.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here