Joseph Gordon Levitt affronte des pirates de l’air, enfermé dans un cockpit. C’est le programme affiché par 7500, premier film du réalisateur allemand Patrick Vollrath, qui aborde un genre Hollywoodien avec une approche achtung achtung héritée de son professeur Michael Haneke. Prometteur au début, puis vite insatisfaisant.

Premier long métrage de Patrick Vollrath, 7500 atterrit chez nous directement sur Amazon Prime Vidéo. Genre ayant déjà ses références, ses codes et ses adeptes, le réalisateur, élève de Michael Haneke, s’empare du drame/action aérien avec un style achtung achtung et une idée originale: faire vivre le calvaire d’une tentative de détournement depuis le cockpit d’un avion.

Le film démarre par des images extérieures, captées par les caméras de surveillance de l’aéroport. Pas le temps de bien les analyser que, hop, transition nous voilà dans l’avion où prend place l’équipe de vol. Le commandant Michael, son second Tobias (Joseph Gordon-Levitt) ainsi que les hôtesses. Les passagers anonymes embarquent à leur tour. La piste est dégagée, les moteurs enclenchés en moins de quinze minutes, nous voilà dans les nuages. A peine quelques turbulences évanouies que, BIM BAM, ALLAH AKBAR, de méchants islamistes radicaux tentent de prendre possession de l’avion.

Ne vous attendez pas en lisant ces lignes à assister à un film d’action. Patrick Vollrath a un autre plan pour nous. Car attention, 7500 est un film sérieux et cruel. Et comment fait-on un film comme ça? Eh bien, on cite Gandhi en introduction, on dégage la musique extradiégétique, on pousse l’étalonnage avec le filtre bleu/gris façon David Fincher et on demande aux acteurs de faire la gueule même quand ils sourient. On accepterait volontiers tous les compromis avec un scénario retors et poignant misant sur la psychologie des personnages. Mais, malheureusement, ce n’est pas vraiment ça.

Cloitré dans son cockpit avec un terroriste assommé et son commandant assassiné, Joseph doit au plus vite faire atterrir l’avion. Or, les terroristes ne l’entendent pas de cette oreille et vont proposer au copilote des choix en mousse pour le contraindre à ouvrir la porte. Ce manque d’enjeu, relancé par de grosses ficelles scénaristiques font que tout le film procure une légère inquiétude mais jamais de tension. En gros: si tu n’ouvres pas, on tue des gens; si tu ouvres, on tue tout le monde. Puis vient la dernière partie. Un face à face d’une demi-heure entre Joseph et un jeune terroriste (Omid Memar) qui n’a manifestement pas terminé son cursus chez Daech. On vous laissera seul juge de la composition hystérique et pleurnicharde de son personnage qui a définitivement fini d’achever la rédaction au complet.

«Cadre minimal pour oppression maximum» devait penser à juste titre les producteurs de 7500 quand ils ont accepté le projet. Si le premier point est respecté, le deuxième se dissout dans son refus de tout sensationnalisme au profit d’une psychologie de comptoir. Un gros dommage donc. Mais, vu la bizarrerie du projet et le talent formel du disciple Hanekien, on laissera quand même à Patrick une seconde chance pour nous envoyer en l’air.

7500 est disponible depuis le 19 juin sur Amazon Prime Video.

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